Toute la journée
Prix: Gratuit
Salle C-3060
3150 Jean-Brillant, Pav. Lionel-Groulx,
Montréal

Soumission de candidatures

Depuis la fin des années 1970 avec la révolution islamique en Iran, l’intérêt pour des études sur la violence commise au nom de l’islam et son lien avec la mouvance islamiste s’est considérablement accru (Silke, 2004; Ranstorp, 2006; Jackson, 2009; Schmid, 2011; Bibeau 2015, Dakhli, 2016). Ce colloque vise à apporter un nouvel éclairage sur le phénomène de l`islamisme et de la justification de la violence au nom de l'islam et ce, en deux temps.

Il propose tout d’abord d’explorer de façon critique, à la fois textuelle, contextuelle et interdisciplinaire, la question suivante : existe-t-il un lien direct entre les textes fondateurs de l`islamisme (de Al-Afghani en passant par Hasan Al-Banna et Al-Qaradawi jusqu`à Isam Al-Aryan) et une justification de la violence faite au nom de l`islam ? Cette dernière se décline en un ensemble de sous-questions : Quels en seraient les éléments textuels? Qui en sont les producteurs idéiques (i.e. les « intellectuels ») ? Et quels sont les liens de filiation intellectuelle et organisationnelle qui en ont découlé jusqu'à présent ? Enfin, dans quels contextes précis se sont enracinés de tels discours, justifiant depuis des décennies des comportements violents? Le but est de remonter la chaîne de transmission qui lierait (ou pas) des producteurs idéiques à des agresseurs dits 'radicalisés'.

Ensuite, sur le plan épistémologique, le colloque analysera différentes approches théoriques qui se sont développées depuis un demi-siècle, en milieu tant musulman que non-musulman, pour tenter d'expliquer ou de comprendre ce phénomène de l'islamisme et de ses rapports à différentes formes et degrés de violence, à la fois au sein de la diversité islamique et musulmane, et au sein de sociétés majoritairement non-musulmanes. Deux approches se dégagent dans cette littérature académique. Les approches structuralistes identifient les racines structurelles de la violence au nom de l’islam (Campana & Lapointe, 2012) et valorisent une recherche qui se concentre sur les questions du « pourquoi » et des « causes racines » au détriment d’une compréhension plus micro-sociologique, plus circonstanciée et plus axée sur l’individu et les processus d’engagement centrés sur le « comment » (Sedgwick, 2010; Sommier, 2012). Pour dépasser ces perspectives structuralistes (Crenshaw, 1998; Lake, 2002; Kydd & Walter, 2006; Abrahams, 2008), les approches processuelles envisagent l’engagement dans une violence comme le résultat d’un processus de socialisation graduel, multidimensionnel et non téléologique (Silke, 2003; Horgan, 2005; Pisoiu, 2011). 

Modalités de candidature : 

    • Date limite pour la soumission d`une candidature : 15 novembre 2018

Réponses aux candidats acceptées : 15 décembre

    • La proposition de communication doit comprendre au maximum 450 mots avec la problématique et la thèse centrale de la présentation en format Word
    • Les propositions de contribution sont à envoyer à : colloque@ipass-ieppa.ca

Les meilleures contributions seront retenues et imprimées dans les actes du colloque, publication rapide prévue en septembre 2019 de la série Études Post-Printemps Arabe chez l`Harmattan.

Comité d’organisation (initial) : 

    • Groupe de recherche sur les enjeux épistémologiques et méthodologiques des études sur la violence au nom de l’islam, Plateforme Universitaire de Recherche sur L’Islam en Europe et au Liban (PLURIEL)
    • Institut d’études post-printemps arabe (IEPPA)
    • CÉRIUM 


Patrice Brodeur, Ph.D. (Sciences des religions)

Wael Saleh, Ph.D. (Sciences humaines appliquées)

Amany Fouad Salib, Ph.D. (Linguistique)                                                   

Islamisme et violence : débats et enjeux