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Prix: entrée libre
Pavillon Jean Brillant, B-3245
3200, rue Jean-Brillant
Montréal (QC) Canada  H3T 1N8

Conférencier : Moustapha Mbengue

 

Moustapha Mbengue est Directeur de l’École de Bibliothécaires Archivistes et Documentaliste EBAD de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Sénégal. Membre du Laboratoire de Recherche en Sciences de l’information – LARSIC.

Maître de conférences titulaire en sciences de l’information et de la communication, il est titulaire du Doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication de l’Université Paris 8 Vincennes St-Denis (France).

Moustapha Mbengue possède des compétences diverses dans le domaine des sciences de l’information documentaire et des TIC. Ses recherches portes principalement sur les thématiques liées aux enjeux sociétaux des TIC et les systèmes d’information Web.



Résumé de la conférence :

Au lendemain des indépendances (1960), chaque pays africain a senti la nécessité de mettre en place une radio et une télévision nationale. A leurs débuts, ces organes étaient strictement étatiques et ils étaient quelquefois utilisés comme outils de la propagande par les pouvoirs en place. Au début des années 90, plusieurs pays de l’Afrique francophone, à l’exception du Sénégal qui connaissait déjà le multipartisme, choisirent de s’inscrire dans un processus démocratique. L’expérience démocratique des pays d’Afrique eut comme corollaire, la libéralisation de l’espace médiatique et l’éclosion des média privés qui se sont érigés comme de véritables contre-pouvoirs en Afrique francophone (Frère, 2000).

Le foisonnement des médias privés s’est accompagné de l’émergence ou de la reconversion d’une nouvelle catégorie de griots, appelée « communicateurs traditionnels » qui peuplent aujourd’hui les médias au Sénégal.  Les griots passent ainsi passés de leur rôle de médiation social auprès des Chefs d’état, marabouts et religieux, homme d’affaire, artiste ou tout autre membre de la classe dite « noble » des « guéer » à celui de « griot-journaliste ».

Nous empruntons alors le concept de « griot-journalisme » pour décrire et cerner cette nouvelle vocation du griot désigné aujourd’hui sous l’appellation de communicateur traditionnel. Comment devenir « griot-journaliste » ? Quels apports des communicateurs traditionnels au contenu des médias et à la pratique journalistique au Sénégal ? Faut-il d’ailleurs, parler d’émergence, de concurrence ou d’accaparement de l’espace médiatique sénégalais par les communicateurs traditionnels ? De l’arbre à palabre ou « petit-écran », rupture ou continuité ?

Nous tenterons d’étudier la forte présence des griots dans l’espace médiatique public à partir du cadre théorique de l’ « écologie des média » (Potsman 1968) en partant d’une approche méthodologique du « sense making » (Brenda Derwin (1983), pour analyser  le comportement informationnel des communicateurs traditionnels et leurs influences sur la pratique journalistique et le parler populaire au Sénégal.

Les griots du Sénégal, de l'arbre à palabre au petit écran : Analyse des pratiques info-communicationnelles des 'communicateurs traditionnels'