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Apprentissage de l’orthographe lexicale : évaluation de l’efficacité de pratiques d’enseignement auprès d’élèves francophones de la deuxième année du primaire

Sous la direction de recherche de Daniel Daigle (Département de didactique) et de la coordination de recherche de Ahlem Ammar (Département de didactique).

Résumé

 L’apprentissage de l’orthographe lexicale, c’est-à-dire l’orthographe des mots comme on la retrouve dans le dictionnaire, constitue un défi de taille pour les élèves francophones (Fayol et Jaffré, 2014). Les études descriptives menées auprès d’élèves québécois montrent que la plupart des erreurs d’orthographe lexicale sont associées aux propriétés visuelles des mots et, plus précisément, aux phonèmes multigraphémiques (sons s’écrivant de plusieurs manières) et aux lettres muettes non porteuses de sens (Daigle, Costerg, Plisson, Ruberto et Varin, 2016 ; Plisson, Daigle et Montésinos-Gelet, 2013). Dans la présente recherche, une étude quasi expérimentale a été menée auprès de 131 élèves francophones (âge moyen : 7,5 ans) afin de définir les pratiques d’enseignement les plus efficaces pour favoriser l’apprentissage de phonèmes multigraphémiques et de lettres muettes non porteuses de sens. Deux conditions expérimentales d’enseignement ont été mises à l’essai dans quatre classes ordinaires de la deuxième année du primaire : 1) enseignement des propriétés visuelles et des propriétés sémantiques des mots (PVS, n = 43) et 2) enseignement des propriétés visuelles des mots (PV, n = 44). Deux autres classes étaient associées à la condition contrôle (C, n = 44). Dans les deux conditions expérimentales, 24 mots ont été enseignés au total. La moitié des mots a été entrainée en contexte de lecture et l’autre moitié en contexte de lecture et d’écriture. Pour évaluer les apprentissages, les participants ont réalisé une dictée de phrases trouées avant l’intervention (prétest), une semaine après l’intervention (post‑test immédiat) et six semaines après (post-test différé). Des analyses de variance ont été menées pour comparer les performances des élèves des différentes conditions (PVS, PV et C) avant et après l’intervention. Les résultats montrent que l’intervention offerte dans les conditions PVS et PV a mené à des gains, ce qui n’a pas été observé chez les élèves de la condition C. De plus, les gains réalisés se maintiennent plus d’un mois après la fin de l’intervention. Enfin, les résultats indiquent que l’entrainement des mots en contexte de lecture et d’écriture favorise davantage l’apprentissage que l’entrainement des mots en contexte de lecture seulement. Ces résultats amènent un éclairage intéressant au sujet des pratiques que les enseignants devraient privilégier pour favoriser l’apprentissage de l’orthographe lexicale.

Soutenance de thèse de Noémia Ruberto